Le secteur du e-commerce est de plus en plus dans le viseur des cybercriminels. En l’espace d’un an, les attaques informatiques contre les sites de vente en ligne ont littéralement doublé, passant de 15 % à 31 % des attaques totales enregistrées au niveau mondial. Cette statistique, extraite du rapport « State of the Internet 2025 – Retail Threats » d’Akamai, met en lumière une vulnérabilité grandissante du commerce en ligne face aux menaces numériques.
Pourquoi le e-commerce est-il particulièrement ciblé ?
Le commerce en ligne attire les cybercriminels pour trois raisons majeures :
- Des données sensibles en abondance : numéros de cartes bancaires, identifiants, adresses postales et historiques d’achat sont stockés en masse par les plateformes.
- Une automatisation facile à exploiter : grâce à des bots malveillants, les cyberattaques sont aujourd’hui industrialisées.
- Des failles techniques spécifiques : le cross-site scripting (XSS) a explosé, représentant 40 % des attaques web détectées au premier trimestre 2025, contre 21 % en 2023 (source : Akamai).
Les formes d’attaques les plus fréquentes
1. Les attaques XSS
Le cross-site scripting consiste à injecter du code malveillant dans les pages d’un site pour piéger les utilisateurs. C’est la forme la plus répandue en 2025 dans le secteur du e-commerce, en forte progression selon le rapport d’Akamai.
2. Les ransomwares
Les attaques par rançongiciel ont augmenté de 30 % dans le secteur du retail, selon l’ANSSI. Elles visent à chiffrer les données d’une entreprise pour exiger une rançon.
3. Le phishing
D’après le rapport de Proofpoint sur le phishing (2024), les campagnes ciblant les clients de sites e-commerce ont augmenté de 47 %. Ces attaques reposent sur l’usurpation d’identité de marques connues.
4. Les attaques DDoS
Selon Cloudflare, 83 % des entreprises touchées par une attaque par déni de service distribue (DDoS) subissent une interruption supérieure à 4 heures, causant une perte directe de chiffre d’affaires.
Des conséquences lourdes pour les e-commerçants
La première conséquence est la perte de confiance. IBM estime que 73 % des consommateurs ne retournent pas sur un site qui a connu une faille de sécurité.
Ensuite, le coût financier est considérable. Le rapport « Cost of a Data Breach 2024 » d’IBM évalue à 4,45 millions de dollars le coût moyen d’une cyberattaque dans le secteur e-commerce.
Enfin, les performances techniques sont affectées par les bots malveillants qui représentent désormais 37 % du trafic global sur les sites retail, selon Akamai.
Comment se protéger efficacement ?
✅ Filtrage et détection des bots
Les solutions de bot management basées sur l’analyse comportementale permettent de bloquer les bots sans affecter les clients humains.
🛡 Renforcement des protections web
- Application d’une politique CSP (Content Security Policy)
- Nettoyage systématique des données entrées par l’utilisateur
- Déploiement de pare-feu d’application web (WAF)
🔐 Prévention des ransomwares
- Sauvegardes régulières sur cloud et hors-ligne
- Chiffrement des données critiques
- Audit de sécurité continu
🚁 Anti-phishing et surveillance
- Sensibilisation des clients et collaborateurs
- Surveillance proactive des domaines frauduleux
Le rôle central du RSSI et du RGPD
Le Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information (RSSI) a un rôle clé pour mettre en place des politiques de défense actives. Selon PwC, 93 % des entreprises françaises ont renforcé leur stratégie cybersécurité en 2024.
Le RGPD impose aussi des obligations de notification en cas de fuite de données. Les sanctions peuvent atteindre 4 % du chiffre d’affaires mondial.
Les tendances à surveiller en 2025-2026
- Cyberattaques dopées à l’IA : automatisation des XSS, génération de phishing ultra-crédibles.
- Chaînes d’approvisionnement vulnérables : compromission de plugins ou modules tiers.
- Bots plus résilients : capables de contourner les CAPTCHA classiques.
Que doivent faire les e-commerçants ?
- Réaliser un audit complet de leur infrastructure web.
- Investir dans des solutions de protection contre les bots.
- Mettre en place une politique stricte de sauvegarde et de chiffrement.
- Former à la sécurité les équipes internes et les utilisateurs.
- Suivre la veille réglementaire sur le RGPD et la directive NIS2.
Sources statistiques :
- Akamai « State of the Internet 2025 »
- ANSSI (2024), Rapport annuel sur les cybermenaces
- IBM « Cost of a Data Breach Report 2024 »
- Proofpoint « Phishing Threat Report 2024 »
- Cloudflare « DDoS Trends 2024 Q4 »
- PwC France « Baromètre cybersécurité 2024 »